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Marc Ona Essangui, portrait d’un gabonais exceptionnel…

22 janvier 2013

Marc

Son aura est unique. De lui, on ne parle qu’en termes d’éloges tant le dithyrambe le discute à l’hagiographie. Et notre confrère « Jeuneafrique.com » va jusqu’à perdre son légendaire sens de la mesure pour dérouler carrément le tapis rouge : « Cloué dans un fauteuil roulant depuis l’âge de 6 ans (à cause d’une polio mal soignée), Marc Ona décide, au début des années 1990, d’abandonner ses études de psychologie, qui ne le passionnent guère. Il veut ensuite devenir avocat, mais les locaux qui abritent le département de droit de la faculté de Libreville sont inaccessibles aux handicapés. Faute de pouvoir plaider devant les tribunaux, le jeune homme choisit alors une autre façon de défendre les causes auxquelles il croit. Il s’engage dans la vie associative, représentant d’abord les infirmes au Conseil économique et social gabonais. Puis crée, en 1994, l’association Handicap sans frontières, avant d’intégrer le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) en tant que consultant du programme Information, éducation, communication (IEC). Depuis, il a fondé, dirigé ou représenté une dizaine d’associations dans son pays, comme Action dignité humaine, Witness, le Collectif national des associations et ONG du Gabon, Brainforest ou encore Publish What You Pay. Avec toujours un seul mot d’ordre : « Fuir les corporatismes au profit des combats citoyens» ». Bref, de quoi vraiment donner des complexes à Nelson Mandela.

Cette version est toutefois un peu volatile pour ne pas dire romantique. S’agissant par exemple de l’« abandon » des « études de psychologie, qui ne le passionnent guère », la version servie à la communauté est un brin contraire à la vérité.

Inscrit à l’UOB, Marc Ona Essangui bénéficie d’une bourse de l’Etat. A celle-ci, une autre va lui tomber du ciel : une bourse de la coopération canadienne.

Obtenue grâce à la générosité d’une collaboratrice directe d’Omar Bongo Ondimba : dame Maïté Mapangou, l’épouse de Mapangou Moucani Mouétsa (3M). C’est dire si jamais l’Olympe a eu à aider cet anti-Bongo Ondimba.

Malgré ces deux bourses, Marc Ona Essangui va aller frapper à la porte de l’Eglise Saint Michel de Nkembo pour proclamer son statut d’indigent et demander assistance au curé de la paroisse.

En tout cas, aux prélats, Marc va jurer, la main sur la Bible, qu’il n’est qu’un pauvre étudiant sans bourse et qui ne sait pas où dormir. Suivra son credo sur la cruauté et l’insensibilité du système Bongo Ondimba. Le joli baratin aura raison de la crédulité des prêtres.

Une chambre de passage, habituellement réservée aux hôtes de la paroisse, est offerte au nécessiteux Marc. Avec gratuité d’eau, d’électricité et de la nourriture.

Un paradis pour cet artiste de la fourchette qui, en retour, va se contenter d’enseigner le catéchisme aux jeunes paroissiens. Et le néo catéchiste de mener la belle vie avec ses deux bourses.

Malheureusement, son succès va lui jouer un mauvais tour. C’est qu’à un moment donné, il est trop apprécié de certaines jeunes paroissiennes. Ce qui provoque évidemment des jalousies auprès de ses rivaux.

Lesquels ne vont pas tarder à aller trahir Marc Ona Essangui auprès des prêtres à travers un violent kongossa levant le voile sur ses deux bourses cachées aux missionnaires.

Après une profonde vérification, ceux-ci découvrent la supercherie et la réaction est à la hauteur de la gravité du mensonge : Marc Ona Essangui est rapidement jeté dehors. Avec interdiction de remettre les pieds dans une quelconque paroisse ou chapelle du Gabon. Vade retro satana !

Cette histoire va rapidement faire le tour des grands salons de Libreville. Et sera vraisemblablement à l’origine de sa fuite de l’UOB, histoire d’éviter le supplice des regards moqueurs et autres quolibets. Mais il ne s’éloignera pas de Nkembo.

En quittant Saint Michel, il pose son baluchon juste à côté : au siège de l’Association nationale des handicapés, où il est introduit par son copain Julien Nyaré.

On lui offre une couchette et il ne tarde pas à séduire ses nouveaux amis. Lesquels tombent très vite sous le charme de celui qui vient de devenir le plus capé des handicapés. Ce nouveau statut lui ouvre grandement les portes de la présidence de l’Association.

En fait, Marc Ona Essangui voit plus loin que tous les autres handicapés. Avec sa capacité de s’instruire, il a réussi à avaler tous les textes qui régissent l’Association.

Il tombe ainsi sur un vrai filon : le patron de l’Association est de fait le gérant du Centre commercial Samba de Nzeng-Ayong, un supermarché qui engrange des centaines de millions par semaine.

Du coup, la bouche de Marc est inondée par une douce salive en même temps que son cerveau se transforme en calculatrice.

Sans vouloir perdre bêtement un temps devenu si précieux, l’ex-catéchiste s’auto-bombarde gérant du supermarché Samba. Un titre qui donne évidemment des avantages pour ses fonctions.

A ce titre, il juge qu’il a droit à un logement digne de son rang. Marc Ona Essangui quitte sa chambrette et va louer une belle villa à Nkembo, à un jet de pierre de la paroisse Saint Michel. Il faut bien que ces envieux de prêtres voient, de leurs propres yeux, que le Gaou a percé.
Coût mensuel du loyer : 300.000 dôlès. Le grand quelqu’un ! Pour occuper cette superbe villa de six pièces, coincée dans une grande clôture, Monsieur le Gérant a besoin d’une belle et charmante compagnie.

Sa petite est officiellement admise à occuper la cuisine et à se consacrer à l’ameublement de la demeure. Une petite fortune sera consacrée à l’équipement, grand luxe, de la résidence d’Ona Essangui.

Le supermarché Samba est géré comme l’exigent les règles de l’épicerie. Et Marc Ona Essangui est tellement pris de passion pour l’argent qu’il oublie d’honorer certains de ses engagements.

Quatre mois passent sans qu’il ne songe à verser le loyer à son bâilleur, sieur Henri Aboghe.

Pour éviter toute chamaillerie avec un handicapé, le bâilleur prie Marc Ona Essangui de dégager les lieux et libérer immédiatement sa maison. Marc Ona Essangui s’exécute sans pour autant régler son ardoise de 1,2 million de dôlès. Ardoise qu’il traîne jusqu’aujourd’hui.

De quoi suggérer au pauvre Aboghe de créer une ONG qu’il pourra baptiser « Publiez ce que vous devez ! »

Expulsé pour la deuxième fois de Nkembo, l’ancien catéchiste ne va pas mieux à Nzeng-Ayong où sa gestion pulvérise toutes les espérances. C’est que le supermarché, à cause de sa brillante gestion, est contraint de mettre la clé sous le paillasson.

Principale ressource de l’Association, Samba est l’unique bouée de survie des handicapés. Sa fermeture est inacceptable. Il faut que toute la lumière soit faite sur la gérance de notre surhomme. La réunion a lieu au siège de l’Association.

Sur le banc des accusés, un seul prévenu : Marc Ona Essangui, le catéchiste devenu homme d’affaires. L’accusation est menée par son propre pote Julien Nyaré.

Les explications enfumées de Marc Ona Essangui mettent les autres en pétard. Davantage Julien qui les rejette catégoriquement. Le ton monte rapidement entre les deux amis. Et c’est la bagarre.

Le combat tourne court car Julien Nyaré prend vite le dessus et finit par bastonner correctement Marc Ona Essangui.

Aux siens, Marc est allé parler d’un passage à tabac orchestré par toute l’Association. Ce qui a beaucoup fait rigoler les prêtres de Saint Michel, qui le connaissent bien.

Si le catéchisme a survécu à son éviction de Saint Michel, le supermarché Samba n’a malheureusement pas survécu, jusqu’à ce jour, à l’exemplaire gestion de notre homme.

Une gestion qu’il n’a pas tardé à actualiser dès qu’il a reçu la conduite du cybercafé du PNUD. Pour rappel, Marc Ona Essangui a piqué dans la caisse 400.000 dôlès pour assurer, a-t-il expliqué, les frais de santé d’une tante qui n’existe que dans son imagination fertile. La suite est connue de tous.

Chassé du PNUD pour ce détournement, le gaillard a été récupéré par le fondateur de Brainforest. Après la mort de l’Italien, Marc Ona Essangui a sauté sur l’occasion pour devenir environnementaliste.

Pour le moment, c’est sa nouvelle spécialité même si le dandy pense désormais à autre chose. Précisément à la politique.

Avec sa compagne Paulette Oyane et certains fondamentalistes de l’écologie, sans oublier les activistes néonazis qui gravitent dans son entourage, Marc Ona Essangui se prépare sérieusement à créer le Parti communiste gabonais (PCG). Raison de son invitation à la récente fête de « L’Huma », le grand convent annuel des cocos.

La tactique de notre futur Georges Marchais est simplo : mettre la main sur le vivier militantiste de l’ex-UN.

Surtout qu’avec l’argument communautaire, ce ne sera qu’un jeu d’enfant puisque, comme il l’a si bien calculé, Marc Ona Essangui ne croit pas qu’il y aura un seul Fang, surtout du Nord, suffisamment traître pour ne pas adhérer à son parti.

Tout projet qui a le don d’énerver sérieusement les Mba Obame, Gérard Ella Nguema et Cie. Mais les ex-UN sont totalement à côté en ce sens que la préoccupation de Marc Ona Essangui n’est pas la prise du pouvoir.

Son PCG, ce sera pour avoir quelques élus. Autrement dit de bénéficier du financement de l’Etat…

Le nazisalafiste Marc Ona Essangui le sait mieux que n’importe quel catéchiste : l’intérêt guide l’esprit.

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From → Société

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